Un regard sur l’avenir du soudage avec Bart Verstraeten de BIL

« Les entreprises doivent pouvoir nous contacter pour toutes leurs questions, et nous devons savoir à quoi elles sont confrontées aujourd’hui. »

L’automatisation, la robotisation et l’intelligence artificielle transforment rapidement le paysage de l’industrie métallurgique et manufacturière. Dans le monde du soudage également, les évolutions se succèdent à un rythme toujours plus rapide. C’est pourquoi la présence de l’Institut belge de la soudure (BIL) à Advanced Manufacturing est plus pertinente que jamais. Au cours de la Welding Week, le BIL rassemble non seulement des connaissances et des formations, mais offre également une vision claire des défis et des opportunités du secteur.

Depuis des décennies, le BIL est une valeur sûre dans l’industrie métallurgique belge, et plus particulièrement flamande. L’institut de soudage ne se concentre pas tant sur le savoir-faire manuel du soudage lui-même, mais plutôt sur le partage des connaissances, la formation et la recherche pour des profils tels que les coordinateurs de soudage, les inspecteurs et les ingénieurs en soudage.

« Nous sommes très actifs dans ces formations cadres », explique le directeur Bart Verstraeten. « Nous menons également des recherches appliquées : de la connaissance des matériaux et des processus de soudage aux constructions éoliennes offshore et à la fabrication additive. »

Le BIL étudie notamment le comportement des matériaux soudés dans les constructions lourdes, l’utilisation des robots de soudage pour les petites séries et l’impression 3D de composants plus grands, ainsi que la place des nouvelles technologies telles que l’IA dans le contrôle qualité et le traitement des données.

Une technologie en pleine accélération
Le monde du soudage est aujourd’hui confronté à des défis évidents. Une pénurie structurelle de profils qualifiés, des coûts de personnel en hausse et une baisse des inscriptions aux formations obligent les entreprises à travailler différemment.

« Ce qui nécessitait autrefois des jours de programmation peut aujourd’hui être réalisé beaucoup plus rapidement. »

« L’automatisation et la robotisation sont des thèmes qui font débat depuis longtemps, mais aujourd’hui, elles deviennent une véritable nécessité », affirme M. Verstraeten. « Alors que le soudage robotisé impliquait autrefois de longs temps de programmation et des investissements importants, nous assistons aujourd’hui à une transition vers des robots flexibles, des cobots et des logiciels conviviaux. Ce qui nécessitait autrefois des jours de programmation peut aujourd’hui être réalisé beaucoup plus rapidement. Cette évolution est fulgurante et nous voulons être à la pointe avec l’industrie. »
Le contrôle qualité évolue également. Des capteurs, des systèmes de vision et l’analyse des données permettent de contrôler la qualité pendant le soudage. « Ce processus de suivi est encore en partie en phase de recherche, mais il va bientôt voir le jour. Et l’IA y joue un rôle de plus en plus important », explique-t-il.

La journée du soudage BIL et Steel Warriors
Au salon, BIL propose une combinaison d’expérience, de connaissances et de dialogue. L’attraction principale est sans aucun doute le poste de soudage virtuel, que les visiteurs peuvent essayer eux-mêmes en réalité virtuelle. « C’est un bon moyen d’attirer le public, mais aussi une façon accessible de montrer aux gens comment la formation et la technologie évoluent. »

La nouveauté cette année est que le BIL partage son stand avec le VCL, cherchant ainsi délibérément à collaborer avec d’autres prestataires de formation et acteurs. « Nous élargissons notre champ d’action. Car les défis sont trop grands pour être relevés seuls. »

Pendant la Welding Week, le BIL organise également sa journée du soudage . Celle-ci adopte une approche différente par rapport aux années précédentes. « Alors qu’auparavant, nous adoptions une approche très technique et approfondie, nous optons désormais pour une approche plus large et plus pratique afin de toucher un plus grand nombre de personnes. » Au programme : changements dans la normalisation, innovations actuelles et futures, conférences sur le soudage de réparation et les dommages, et l’après-midi, masterclasses pratiques sur le soudage semi-automatique, la qualification des soudeurs et les mécanismes de corrosion, entre autres.

En outre, le premier jour, une attention particulière sera accordée aux étudiants, notamment via le projet Steel Warriors . « Nous voulons montrer aux jeunes les possibilités qui s’offrent à eux après leurs études et les intéresser au secteur. »

Plus forts ensemble
Pour BIL, Advanced Manufacturing est le lieu de rencontre idéal pour rester en contact avec l’industrie, écouter ce qui se passe et rester en phase avec les producteurs, les technologies et les tendances. « C’est essentiel pour continuer à bien remplir notre rôle », explique Bart. « Les entreprises doivent pouvoir nous poser toutes leurs questions, et nous devons savoir à quoi elles sont confrontées aujourd’hui. »

« On voit comment les acteurs asiatiques gagnent du terrain… Il est donc crucial de continuer à partager nos connaissances. »

Dans le même temps, c’est le moment idéal pour le secteur de se réunir. « Après la crise du coronavirus, nous avons constaté un recul des salons professionnels, alors que la coopération devient justement plus importante. On voit comment les acteurs asiatiques gagnent du terrain et comment de plus en plus de centres de recherche disparaissent. Il est donc crucial de continuer à partager nos connaissances et d’être plus forts ensemble », lance Bart.